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Louisa Siefert — Rayons perdusPromenade Mon Dieu ! n’est-il donc pas de chemin qui ramèneAu bonheur d’autrefois regretté si souvent ?Théophile Gautier.Il faisait un jour blanc et tout chargé d’orage,Les oiseaux accablés se taisaient sous l’ombrage,Les herbes se tordaient au baiser du soleil ;Dans les champs moissonnés les pailles inégalesAbritaient des cigales,Dont le cri troublait seul l’universel sommeil.Par les taons tourmentée, une vache à l’étable,Au loin, de temps en temps, mugissait, lamentable,Puis tout redevenait calme et silencieux.Les chines, collés au sol et la langue pendante,Sous la chaleur ardente,Restaient anéantis et n’ouvraient plus les yeux.Nous n’avions rencontré personne sur la route(Avec les animaux les gens dormaient sans doute),Mais bravant la poussière où s’imprimaient nos pas,Laissant notre voiture à l’abri du feuillage,Nous vînmes au village,Où les toits engourdis ne fumaient même pas.Nous marchions assez vite et baissant les paupières,Quand tout à coup surgit, derrière un tas de pierres,Une pauvre idiote au geste menaçant,Dont nous n’avions pas vu la tête effarouchée,Car elle était couchée,Et nous l’avions peut-être éveillée en passant.Saisissant des cailloux, du fumier à poignées,Pelotonnée en rond comme les araignées,Elle nous regardait, et le frisson nous prit ;En nous injuriant sa voix était terrible…Oh ! le spectacle horribleQue celui de la brute ayant vaincu l’esprit !Nous passâmes portant, et l’idiote ...
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