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Français
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Documente
Descriere
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de SévignéLettres de Madame de Sévigné,de sa famille et de ses amisHachette, 1862 (pp. 59-70).432. — DE MADAME DE SÉVIGNÉÀ MADAME DE GRIGNAN.eÀ Paris, lundi 19 août.Je commence cette lettre, ma bonne, mais je ne la finirai pas sans vous direbeaucoup d’autres choses. Je ballotte présentement, et vous veux conter deschoses si raisonnables que le Roi a dites, que c’est un plaisir de les entendre. Il afort bien compris la perte de M. de Turenne ; et quand il rêve et rentre en lui-même,[1]il la prend pour la cause de ce dernier malheur . Un courtisan vouloit lui faire croireque ce n’étoit rien que ce qu’on avoit perdu ; il répondit qu’il haïssoit ces manières,et qu’en un mot c’étoit une défaite complète. On voulut excuser le maréchal deCréquy ; il convint que c’étoit un très-brave homme ; « mais ce qui est désagréable,dit-il, c’est que mes troupes ont été battues par des gens qui n’ont jamais joué qu’àla bassette. » Il est vrai que ce duc de Zell est jeune et joueur ; mais voilà un jolicoup d’essai. Un autre courtisan voulut dire : « Mais pourquoi le maréchal deCréquy donnoit-il la bataille ? » Le Roi répondit, et se souvint d’un vieux conte du[2] [3]duc de Weimar , qu’il appliqua très-bien. Ce Weimar étoit en France, et un[4]vieux Parabère , cordon bleu, lui demanda, en parlant de la dernière bataille qu’ilavoit perdue : « Monsieur, pourquoi la donniez-vous ? — Monsieur, lui répondit ceduc de Weimar, c’est que je ...
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