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Charles de Saint-ÉvremondŒuvres mêléesDe la comédie italienneDE LA COMÉDIE ITALIENNE.(1677.)Voilà ce que j’avois à dire de la comédie françoise et de la comédie espagnole ; jedirai présentement ce que je pense de l’italienne. Je ne parlerai point de l’Aminte,du Pastor Fido, de la Philis de Scire, et des autres comédies de cette nature-là : ilfaudroit connoître mieux que je ne fais les grâces de la langue italienne ; je prétendsparler seulement en ce discours, de la comédie qui se voit ordinairement sur lethéâtre. Ce que nous voyons en France, sur celui des Italiens, n’est pas proprementcomédie, puisqu’il n’y a pas un véritable plan de l’ouvrage, que le sujet n’a rien debien lié, qu’on n’y voit aucun caractère bien gardé, ni de composition où le beaugénie soit conduit, au moins selon quelques règles de l’art. Ce n’est ici qu’uneespèce de concert mal forme entre plusieurs acteurs, dont chacun fournit de soi cequ’il juge à propos pour son personnage. C’est, à le bien prendre, un ramas deConcetti impertinents, dans la bouche des amoureux, et de froides bouffonneries,1dans celle des Zanis . Vous ne voyez de bon goût nulle part. Vous voyez un fauxesprit qui règne, soit en des pensées pleines de Cieux, de Soleils, d’Étoiles etd’Éléments ; soit dans une affectation de naïveté qui n’a rien du vrai naturel.J’avoue que les Bouffons sont inimitables ; et de cent imitateurs que j’ai vus, il n’yen a pas un qui soit parvenu à leur ressembler. Pour les grimaces, les ...
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